Le Témoignage Sanglant des Bitchachios
Une nuit sombre, froide, sans lune. Christelle, Pauline et Marion avaient décidé de se retrouver pour une soirée film d'horreur chez Christelle. Mais au dernier moment, Marion, toujours avide d’action, proposa :
"Et si on allait voir cette maison abandonnée au bout de la rue ? Vous savez, celle dont tout le monde parle ?"
Christelle, déjà anxieuse rien qu’à l’idée, hésitait, mais Pauline, curieuse malgré elle, haussa les épaules. "Pourquoi pas ? Ça pourrait être drôle."
Leur enthousiasme faiblit lorsqu’elles arrivèrent devant la bâtisse décrépite, une ombre imposante dans la nuit. Tout semblait mort autour, même les arbres semblaient pencher vers elles, comme s’ils les invitaient à entrer. Christelle frissonna, sentant une goutte de sueur froide couler le long de sa nuque.
"Bon… on fait demi-tour ?" proposa-t-elle, espérant que ses amies soient d'accord. Mais Pauline poussa la porte grinçante. "C'est juste une maison vide, pas de quoi s'inquiéter."
À l'intérieur, tout était aussi glauque qu'elles l’avaient imaginé. Poussière, meubles renversés, des marques étranges gravées dans le sol. Les trois filles avançaient prudemment, Christelle sursautant au moindre bruit. Une chaise renversée. Un carreau craquant sous leurs pieds. Rien ne présageait de ce qu’elles allaient voir ensuite.
En montant à l’étage, elles entendirent des murmures. Puis, un cri étouffé. Pauline, toujours la plus courageuse, avança la première. Christelle lui serra le bras avec force.
En arrivant dans une petite chambre à la porte entrebâillée, elles virent l'horreur en personne. Un homme, grand et mince, vêtu d'un long manteau noir, se tenait penché sur une femme ligotée à une chaise. Avec une précision macabre, il taillait lentement un sourire sanglant sur son visage terrifié. La femme suffoquait de douleur, incapable de crier davantage.
Christelle écarquilla les yeux, trop terrifiée pour bouger. Pauline plaqua sa main sur sa bouche pour étouffer un cri, et Marion, qui était la plus grande de toutes, se retrouva paralysée par la scène.
Le meurtrier, sentant leur présence, se redressa d’un coup. Ses yeux, noirs et vides, croisèrent les leurs.
"Eh merde," murmura Marion. "COURONS !"
Le meurtrier, les bras tendus comme une ombre funeste, se mit à leur poursuite. Christelle hurla de panique, trébuchant à chaque pas tandis qu’elles dévalaient l’escalier. La lumière de la lune éclaboussait à peine les lieux, et dans la pénombre, elles se heurtèrent aux murs, tombant sur des objets tranchants. Le souffle du tueur semblait toujours plus proche.
"Mais il est derrière nous !!" cria Christelle, en pleurant presque, ses cheveux bouclés se collant à son front en sueur.
"Ferme-la et avance !" lui répliqua Marion, la poussant vers l’avant.
Pauline, cherchant frénétiquement une issue, ouvrit une porte qui donnait sur la cave. Elles dévalèrent les marches en bois. Mais la cave était un véritable cauchemar : des ossements humains éparpillés, des chaînes rouillées accrochées aux murs, une odeur de putréfaction. C'était ici qu'il "travaillait".
"Super, génial, une cave pleine de cadavres !" s’exclama Marion sarcastiquement, la panique palpable dans sa voix. "On est dans un film d’horreur ou quoi ?"
"Ce n’est pas le moment pour l'humour, Marion !" cria Pauline, cherchant une issue dans l’obscurité.
Le tueur, lui, avançait lentement maintenant, savourant leur terreur. Ses pas lourds résonnaient dans la cave. Christelle glissa sur quelque chose de gluant – un liquide poisseux. En regardant, elle réalisa que c’était du sang.
Elle se remit debout, hurlant en sursautant, "Je déteste cet endroit ! Je veux rentrer chez moi !"
Alors que le tueur s’approchait, Pauline remarqua une fenêtre minuscule en hauteur. "Là-haut ! On peut sortir par là !"
Marion, toujours la plus pragmatique, poussa une étagère pour grimper et brisa la vitre d’un coup de pied. Une par une, elles s'extirpèrent de la cave, respirant l’air frais de la nuit comme un soulagement. Mais Christelle, toujours en dernier, sentit la main froide du tueur saisir sa cheville.
Elle hurla à pleins poumons, sursautant comme à son habitude. "Je vais mourir, les filles ! Je vais mouriiiiir !"
Marion, sans hésiter, attrapa une vieille planche de bois et frappa le tueur à la tête avec toute la force qu’elle avait. Un craquement sonore retentit, et il lâcha prise.
Elles se mirent à courir comme jamais, ne regardant même pas derrière elles. Leur souffle devenait erratique, mais elles continuaient de courir, traversant des ruelles sombres jusqu’à ce qu’elles atteignent enfin une route éclairée.
Essoufflées, sales, et couvertes de sang (du sang de qui, elles préféraient ne pas savoir), les filles se retrouvèrent enfin en sécurité dans la rue principale, devant un stand de hot-dogs, ironiquement désert. Elles éclatèrent de rire, un rire nerveux, presque hystérique.
"On est en vie," dit Pauline, encore sous le choc. "On est en vie."
"Et personne ne va jamais croire ce qu'on vient de vivre," ajouta Marion en essuyant ses mains sur son jean.
"Je... je crois que j’ai besoin d’une douche. Une très, très longue douche," marmonna Christelle, encore tremblante.
Alors qu’elles reprenaient leur souffle, le rire d’un enfant retentit au loin. Elles se retournèrent brusquement, et dans un coin sombre de la rue, elles aperçurent une silhouette familière : un clown sinistre, celui de la fête foraine où elles s’étaient déjà retrouvées face à des événements étranges.
Le clown leur adressa un clin d’œil avant de disparaître dans l’ombre, comme un mauvais présage.
Les filles échangèrent un regard, silencieuses. Elles savaient que ce n’était peut-être pas la dernière fois qu’elles croiseraient ce sinistre personnage.

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