Christmas Special n°3 : L’intrus dans la nuit
« Euh… c’est moi ou c’est devenu super flippant d’un coup ? » chuchota Marion en s’agrippant à Pauline.
« Non, c’est juste toi. Évidemment que c’est flippant ! » répondit Pauline, les yeux fixés sur la porte.
Christelle, toujours armée de la lampe, s’avança légèrement. « Ok, monsieur… euh… Père Noël, ou quoi que vous soyez, vous parlez de quoi exactement ? Il est là, c’est qui ? »
Le vieil homme ne répondit pas tout de suite. Il tremblait, comme pris d’une peur viscérale, et murmura finalement : « Un esprit sombre. Il ne veut pas que la fête ait lieu cette année. Il veut… tout détruire. »
Pauline leva les mains, exaspérée. « Génial, un esprit de Noël diabolique. Est-ce qu’on a signé pour ça en venant ici ? »
Un bruit sourd retentit à nouveau, cette fois plus proche. La porte vibra légèrement sous l’impact. Les filles reculèrent d’un pas instinctif, tandis que le vieil homme se leva péniblement.
« Vous devez partir d’ici, immédiatement ! » leur cria-t-il en pointant la sortie opposée.
Mais avant qu’elles ne puissent bouger, la porte d’entrée s’ouvrit avec fracas, et un courant d’air glacial balaya la pièce. Une silhouette sombre, grande et indistincte, se dessina dans l’encadrement. Elle avançait lentement, ses pas résonnant comme des coups de tonnerre sur le sol.
« C’est une blague, c’est ça ? Dites-nous que c’est une caméra cachée ! » cria Marion en agrippant le bras de Pauline.
La silhouette s’approcha, et sous la faible lueur de la lampe, elles purent distinguer un visage aux traits déformés par un sourire macabre, ses yeux rouges brillant d’une lueur malveillante.
« Bienvenue à ma fête… » grogna-t-il, d’une voix rauque et sinistre.
Christelle, contre toute attente, ne bougea pas. Elle se plaça même devant ses amies, tenant la lampe comme une épée. « Écoute, monsieur le méchant esprit de Noël ou je sais pas quoi, tu nous fais flipper, c’est sûr, mais on ne va pas te laisser ruiner la fête, ok ? »
L’esprit la fixa un instant, puis éclata de rire, un son glaçant qui sembla faire trembler les murs. « Vous pensez pouvoir m’arrêter ? Vous, des humaines sans pouvoirs, sans courage… »
Avant qu’il ne puisse continuer, Pauline attrapa une décoration en verre posée dans la boîte du vieil homme et la lança de toutes ses forces sur l’esprit. La boule se fracassa contre son torse dans un tintement sonore. L’esprit recula légèrement, surpris.
« Sérieusement, Pauline ? » s’écria Marion. « Une boule de Noël ?! »
« Bah, c’est ce qu’on avait sous la main ! » rétorqua Pauline en cherchant autre chose à lancer.
Le vieil homme s’interposa alors, tenant une guirlande lumineuse qu’il brandit comme un fouet. « Sortez d’ici ! Je vais le retenir. Courez vers le marché, trouvez les cloches de Noël, elles peuvent le neutraliser ! »
Les filles échangèrent un regard. Christelle hocha la tête, prenant la décision pour toutes. « Ok, on court. Mais vous, restez en vie, ok ? »
Sans attendre de réponse, elles se précipitèrent vers la sortie opposée, traversant un couloir sombre et glacial. Derrière elles, des bruits de lutte se faisaient entendre, le vieil homme affrontant l’esprit avec ses décorations de Noël improvisées.
Une fois dehors, l’air nocturne les frappa comme une gifle. Elles couraient à perdre haleine, traversant des ruelles obscures pour retourner au marché.
« Des cloches de Noël, sérieusement ? Il pouvait pas juste nous donner un mode d’emploi clair ?! » cria Marion en courant.
Pauline haletait. « Je suppose que c’est magique ou je sais pas quoi. Cherche des cloches ! »
Le marché, bien qu’éteint, semblait toujours imprégné d’une ambiance étrange. Les étals abandonnés paraissaient les surveiller, et le silence pesant n’était brisé que par leurs pas précipités.
Elles atteignirent une grande estrade au centre du marché, décorée de guirlandes éteintes et de figurines en bois. Et là, accrochées à un grand sapin, elles aperçurent des cloches dorées scintillantes, comme si elles attendaient qu’on les trouve.
« Bingo ! » s’écria Christelle en s’élançant vers l’arbre.
Mais avant qu’elle ne puisse les attraper, une silhouette sombre apparut derrière elles. L’esprit était revenu, plus grand et plus menaçant qu’avant, son visage tordu par une rage féroce.
« Vous ne m’échapperez pas… » grogna-t-il en tendant une main griffue.
Les filles crièrent à l’unisson, mais Christelle, dans un élan de bravoure ou de folie, attrapa une des cloches et la fit résonner de toutes ses forces. Un son clair et puissant emplit l’air, vibrant comme une onde magique.
L’esprit recula en hurlant, ses formes devenant floues et instables. Pauline et Marion s’empressèrent de faire de même, chacune saisissant une cloche et les agitant frénétiquement.
« C’est… trop… fort… » hurla l’esprit avant de se dissoudre dans un éclat de lumière aveuglante.
Le silence retomba, et les filles restèrent figées un moment, leurs cœurs battant à tout rompre. Puis Marion lâcha sa cloche et se laissa tomber sur un banc.
« Je déteste Noël. »
Pauline éclata de rire, malgré elle. « Moi aussi. Mais au moins, on est vivantes. »
Christelle, toujours tremblante, s’assit à côté d’elles. « Ok, prochaine fois, on reste chez moi et on regarde des téléfilms de Noël comme des gens normaux. »
Elles se mirent à rire nerveusement, savourant leur victoire et la fin de cette étrange aventure… ou du moins, c’est ce qu’elles pensaient.

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