Mission Improbable : Espionnes Malgré Elles
Les trois amies, Christelle, Marion et Pauline, venaient à peine de terminer une journée banale au café-librairie "L’Encre et la Crème" quand elles furent interrompues par un bruit sourd et étrange. Sous leurs pieds, le sol semblait vibrer légèrement, et avant qu'elles n'aient le temps de réagir, elles furent toutes aspirées dans une trappe secrète qui venait de s’ouvrir... juste derrière la section des romans policiers.
Elles tombèrent en spirale dans un tunnel lumineux, chacune criant à sa manière. Christelle hurlait à plein poumons, Marion lâchait un "Mais c’est quoi ce bazar ?!" à répétition, tandis que Pauline, les yeux grands ouverts, se contentait de marmonner un "Je savais que ça finirait par arriver un jour…".
Elles atterrirent dans une pièce futuriste immaculée. Devant elles, un homme en costume impeccable, avec une moustache soignée et un sourire rassurant, les regardait d’un air paternaliste.
— Bienvenue, mesdemoiselles, annonça Jerry. Vous avez été sélectionnées pour devenir les nouvelles agents de WOOHP : l’Organisation Mondiale des Espions Humains.
— Vous êtes sûr que vous ne vous êtes pas trompé de trappe ? demanda Christelle en se massant le bras, encore sonnée par la chute.
Jerry ajusta sa cravate en riant doucement.
— Non, Christelle. Vos profils sont parfaits. Intelligentes, courageuses, débrouillardes... et, je l'avoue, terriblement divertissantes.
Avant qu'elles ne puissent protester, une série de gadgets leur fut distribuée par des bras robotiques qui semblaient surgir du plafond.
— Voici vos outils, expliqua Jerry. Une bague qui se transforme en laser pour découper n’importe quoi (Christelle s'en empara avec méfiance), un rouge à lèvres qui est en fait un lance-flammes miniaturisé (Marion fit un "oooh !" admiratif en l’essayant presque sur Pauline), et une montre qui fait office de grappin (Pauline, plus terre-à-terre, la glissa immédiatement à son poignet).
— Et qu’est-ce qu’on doit faire exactement ? demanda Marion.
Jerry haussa un sourcil et lança un écran géant qui montrait des images d’un laboratoire secret et d’une étrange machine.
— Un méchant, que nous avons surnommé "Le Maître Gadget", menace de dérober toutes les technologies de pointe du monde pour créer un empire de gadgets absurdes mais dangereux. Il s’est retranché dans une île volcanique, et c’est votre mission de l’arrêter.
Christelle éclata de rire.
— Une île volcanique ? C’est pas un peu cliché, non ?
— C’est là que réside le génie, Christelle, répondit Jerry, imperturbable. Et maintenant, en route !
Les filles furent propulsées dans une voiture volante (pourquoi pas, après tout ?), qui les déposa au bord d'une jungle épaisse, leur point de départ pour infiltrer l’île volcanique.
Dès leur arrivée, les gaffes commencèrent. Christelle, agacée par une branche qui s'était prise dans ses cheveux, activa par erreur son laser-bague et faillit carboniser le seul plan de la mission que Pauline avait pris la peine d’imprimer. Marion, en jouant avec son rouge à lèvres-lance-flammes, fit s’envoler une colonie d'oiseaux tropicaux qui alertèrent les gardes du Maître Gadget. Et Pauline, dans un moment d'inattention, activa son grappin, s’accrochant à une branche trop haute qui la laissa suspendue dans le vide.
— Vous êtes sérieuses ? s'écria Pauline en balançant dans les airs. On va se faire attraper avant d’avoir atteint la base !
Heureusement, après avoir échappé de justesse à des drones de surveillance (grâce à une improvisation brillante de Marion qui utilisa son lance-flammes pour créer un écran de fumée), elles parvinrent à pénétrer dans la base ennemie.
Le Maître Gadget, un homme trapu portant un costume en aluminium et un monocle géant, les attendait dans une salle de contrôle truffée de gadgets improbables : un grille-pain géant transformé en canon, un aspirateur robot transformé en arme de défense, et un téléphone vintage qui semblait capable de déclencher des séismes.
— Ah, voilà mes invitées ! lança-t-il en riant. Mais je crains que vous ne soyez un peu en retard pour mon grand final !
Les filles se lancèrent alors dans une bataille chaotique. Marion utilisa son rouge à lèvres-lance-flammes pour désactiver les robots, Christelle découpa à tout-va avec son laser-bague (en manquant de toucher ses amies à plusieurs reprises), et Pauline utilisa son grappin pour désarmer le Maître Gadget au moment critique.
Quand tout fut terminé, les filles, couvertes de poussière et un peu sonnées, remirent le méchant entre les mains de Jerry, qui apparut dans une navette.
— Mission accomplie, dit-il avec un sourire. Et en un seul morceau, ce qui est toujours un plus.
De retour au café-librairie, les filles avaient du mal à croire ce qu'elles venaient de vivre.
— On vient littéralement de sauver le monde, dit Marion en sirotant un cappuccino.
— Et tout ça en talons, ajouta Christelle en massant ses pieds.
Pauline, elle, regarda son poignet, où elle portait toujours la montre-grappin.
— Vous pensez que Jerry va nous rappeler ? demanda-t-elle.
À ce moment, leur téléphone vibra en même temps. Un message de Jerry s’afficha : "Toujours prêtes pour la prochaine mission ?"
Les trois amies éclatèrent de rire, tout en se demandant si, cette fois, elles pourraient au moins choisir leurs gadgets...

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