Course folle et pneu brûlé
Tout avait commencé par une simple soirée entre filles. Christelle, Marion et Pauline avaient prévu un petit dîner en ville, suivi d’un passage par le cinéma pour voir le dernier blockbuster. Mais évidemment, avec elles, rien ne se passait jamais comme prévu.
Le premier imprévu survint alors qu'elles cherchaient une place de parking dans un quartier bondé.
— Là ! hurla Marion, pointant une place vide juste devant un café.
Christelle tourna le volant brutalement et se gara en un éclair.
— Wow, t’as vu ça ? On dirait Vin Diesel ! lança Pauline en levant un sourcil.
— Je suis le Dominic Toretto du stationnement, répondit Christelle en bombant le torse.
Elles riaient encore quand une silhouette cagoulée surgit et ouvrit la portière passager.
— DÉMARRE !!! hurla un homme en se jetant sur le siège, haletant.
Les filles restèrent figées une seconde. Christelle cligna des yeux, fixa le type et répondit simplement :
— Euh… Pardon ?
L’homme, visiblement paniqué, regarda derrière lui. À ce moment-là, une berline noire surgit au coin de la rue, pneus crissant, et fonça droit vers elles.
— ON VA MOURIR !!! cria Marion, agrippant Pauline.
Sans trop réfléchir, Christelle écrasa l’accélérateur. La voiture bondit en avant avec un vrombissement rageur, manquant de peu de percuter un cycliste qui hurla des insultes en espagnol.
— MAIS ON FAIT QUOI ?! s’égosilla Pauline, les yeux ronds.
— ON FAIT FAST & FURIOUS, BÉBÉ ! répliqua Christelle en zigzaguant entre les voitures.
Derrière, la berline noire ne lâchait rien. Le mystérieux passager essayait d’expliquer entre deux soubresauts :
— Ils me poursuivent ! Je crois qu’ils veulent me tuer !
— C’est pas notre problème, pourquoi TU ES DANS NOTRE VOITURE ?! explosa Marion.
L’homme ne répondit pas, trop occupé à se baisser pour éviter une pluie de balles qui éclata les vitres arrière.
— ILS NOUS TIRE DESSUS ?! rugit Pauline.
— J’AVAIS PRÉVU UN FILM TRANQUILLE MOI ! renchérit Marion.
Christelle fit une embardée brutale pour prendre une ruelle plus étroite. La voiture rebondit sur un trottoir, dérapa dangereusement avant de se stabiliser.
— OK, on s’est assez amusées, faut se débarrasser de lui, dit-elle en serrant les dents.
Le type protesta :
— Attendez, si vous m’aidez, je vous donne une récompense !
— Genre quoi ? Des bons d’achat ? demanda Pauline, sarcastique.
— Une valise pleine de billets, dit-il sérieusement.
Silence.
— … On peut négocier, fit Christelle en haussant un sourcil.
Mais avant qu’elles n’en sachent plus, la berline noire revint à la charge.
— CHANGEMENT DE PLAN, ILS ARRIVENT ! cria Marion.
Dans un éclair de génie (ou de pure folie), Christelle fonça vers un parking souterrain, descendit en trombe les rampes et pila net devant une camionnette de livraison.
— ON DESCEND !
Les trois filles sortirent en courant, tirant leur passager clandestin avec elles. Juste à temps : la berline surgit mais ne parvint pas à freiner à temps. Elle heurta une borne de parking dans un fracas assourdissant.
— OUF ! souffla Pauline.
Des gyrophares illuminèrent alors le parking : la police débarquait.
— Ah bah parfait, ils vont gérer le bazar, dit Marion.
Le type, lui, semblait paniqué.
— On ne peut pas rester !
— Pourquoi ? T’es recherché ? demanda Christelle.
— Un peu… fit-il en évitant leur regard.
— SUPER, ON A ENLEVÉ UN CRIMINEL, râla Pauline.
Soudain, une autre voiture surgit de nulle part. Une femme en tailleur noir descendit, lunettes de soleil vissées sur le nez.
— JERRY VOUS ENVOIE SES AMITIÉS, annonça-t-elle en pointant un badge d’Interpol.
— QUOI ?! firent les trois filles en chœur.
En quelques secondes, des agents menottèrent les occupants de la berline et embarquèrent leur passager clandestin. Avant de partir, l’agent leur fit un clin d'œil.
— Jolie conduite. Si vous cherchez un job dans l’espionnage…
— NON MERCI, répondirent-elles en même temps.
Le calme revenu, les filles se regardèrent. Christelle soupira.
— Bon, on va voir notre film ?
Marion regarda l’heure.
— Il a commencé il y a une heure.
— Et si on allait manger ? proposa Pauline.
— OK, mais je conduis, déclara Christelle.
— JAMAIS, hurlèrent les deux autres.
Et sur cette dernière chamaillerie, elles quittèrent le parking, prêtes à raconter leur soirée folle autour d’un bon burger.

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