Les Bitchachios – À la recherche du nid parfait
Les trois filles étaient affalées sur le canapé, entourées de tasses vides et d’un chat qui ronflait sur un plaid.
Marion leva la tête, les cheveux en bataille :
— “Les filles… j’en ai marre de rentrer dans mon appart qui sent le vieux pain grillé et la solitude.”
Pauline, sans lever les yeux de son livre :
— “C’est ta machine à raclette qui sent ça, pas la solitude.”
Christelle ajouta, un peu rêveuse :
— “On pourrait… vivre ensemble ? Genre, une vraie coloc ?”
Silence.
Puis Marion bondit :
— “OUI ! Et on ferait des soirées raclette-lecture-Pokémon !”
Pauline soupira, mais un petit sourire trahit son enthousiasme.
— “Bon, d’accord. Mais il me faut un vrai coin bibliothèque. Pas trois planches branlantes et une bougie.”
— “Et moi un atelier de dessin lumineux,” dit Christelle.
— “Et moi une salle Pokémon,” déclara Marion solennellement.
Pauline leva un sourcil :
— “C’est-à-dire ?”
— “Une pièce entière dédiée à ma collection. Figurines, peluches, cartes, affiches, Pikachu géant gonflable inclus.”
Christelle hocha la tête, sérieuse :
— “Ça me semble raisonnable.”
Et c’est ainsi que tout commença.
Leur mission : trouver l’appartement parfait — trois chambres, une terrasse, de la lumière, et de la place pour Oréo, Henya et Moutarde, le lapin hyperactif de Marion.
Elles ouvrirent les annonces.
Pauline prit la tête du “comité de sélection”.
— “Premier critère : pas de moquette. Deuxième : pas de propriétaires bizarres. Troisième : pas de fantômes.”
Marion grimaça.
— “Tu veux dire plus jamais de fantômes.”
— “Exactement.”
Et la première visite fut planifiée.
Appartement n°1 – “Le duplex zen”
Une vieille dame adorable les accueillit avec du thé au jasmin.
— “C’est un lieu très paisible,” dit-elle doucement. “Mon mari médite encore ici.”
— “Oh, il vit encore ici ?” demanda Christelle.
— “Disons qu’il médite de l’autre côté…”
Pauline blêmit.
Marion chuchota :
— “Ok, premier fantôme à cocher.”
En partant, Henya se mit à feuler dans le vide.
Fin de la visite.
Appartement n°2 – “Le loft industriel chic”
Une verrière splendide, des poutres apparentes… et un léger détail.
— “Le loyer est de 1 200 euros, mais les voisins jouent du tambour tous les soirs pour invoquer l’énergie cosmique,” expliqua l’agent.
— “Genre… fort ?”
— “Très fort.”
Au même moment, un gong retentit, faisant sursauter Oréo dans sa caisse.
— “Prochaine visite !” cria Marion.
Appartement n°3 – “L’original”
Le propriétaire, un hipster à moustache, leur présenta un ancien entrepôt transformé en “espace de vie alternatif”.
— “La salle de bain est partagée avec le concept artistique du voisin.”
— “Le… concept ?” demanda Pauline.
— “Un sculpteur de savon nu. Il vit dans la pièce d’à côté.”
Marion se retourna vers Christelle :
— “Je retire ce que j’ai dit. Je préfère les fantômes.”
Appartement n°4 – “Le studio trompe-l’œil”
Christelle poussa la porte et s’exclama :
— “C’est minuscule !”
Pauline : “Mais il y a un grand miroir, ça agrandit l’espace.”
Marion tapa contre le mur : cling cling.
— “C’est du carton peint. Le mur est faux.”
Le propriétaire :
— “Oui, c’est pour donner un effet open space illusoire. On respire mieux quand on imagine qu’on a de la place.”
Pauline : “Je vais m’imaginer partir.”
Appartement n°5 – “Le pavillon aux mille plantes”
Un petit coin de paradis, verdoyant, lumineux.
Mais dès l’entrée, Moutarde se mit à mâchouiller une feuille.
Le propriétaire hurlant :
— “NE TOUCHEZ PAS À MON MONSTERA SACRÉ !”
Henya grimpa sur un cactus, Oréo fit tomber un pot, et Marion lâcha :
— “Ok, on fuit avant qu’il nous transforme en compost.”
À la fin de la journée, les trois filles étaient épuisées, couvertes de poussière et de feuilles mortes.
Christelle soupira :
— “On trouvera jamais.”
Pauline : “Si. Mais probablement après ma mort.”
Marion : “Alors ce sera un duplex posthume.”
Et pourtant, le lendemain matin, une nouvelle annonce apparut.
Titre :
“Grand appartement lumineux, vue dégagée, balcon, animaux bienvenus.”
Marion : “C’est peut-être un piège.”
Pauline : “Ou un miracle.”
Christelle : “Ou les deux.”
Elles arrivèrent devant un grand immeuble en pierre claire, avec des balcons fleuris et des oiseaux qui chantaient.
Le propriétaire, un homme souriant, les accueillit :
— “Je préviens, le seul petit défaut, c’est qu’il y a parfois un peu de vent sur la terrasse.”
Marion : “Pas grave, on est solides.”
Elles visitèrent.
Trois chambres parfaites.
Une terrasse ensoleillée avec vue sur le parc.
Une grande pièce lumineuse.
Pauline : “Ici, la bibliothèque.”
Marion : “Là, la salle Pokémon.”
Christelle : “Et là… mon atelier.”
Oréo s’allongea sur un tapis. Henya ronronna. Moutarde bondit sur le canapé.
C’était… parfait.
Pauline, émue :
— “Je crois qu’on l’a trouvé.”
Marion : “J’achète. Enfin… je signe. Enfin, tu signes pour moi, j’ai oublié mon stylo.”
Christelle : “On fera le café d’inauguration la semaine prochaine !”
Le propriétaire tendit les clés.
— “Bienvenue chez vous.”
Elles se regardèrent, sourirent, et crièrent à l’unisson :
“Bitchachios Home Sweet Home !”
Une semaine plus tard, elles installaient les meubles :
Pauline rangeait ses livres par couleur, Christelle accrochait ses dessins au mur, Marion gonflait un Pikachu géant.
Et sur la terrasse, entre les plantes et les tasses de café, trois chats et un lapin profitaient du soleil.
Marion leva sa tasse :
— “Aux Bitchachios, et à notre nouvelle maison !”
Pauline ajouta :
— “Et à notre bail, qu’on espère sans clause démoniaque.”
Christelle sourit :
— “Et à la promesse qu’on ne vivra jamais dans un appart qui respire.”
Elles éclatèrent de rire.
Et dans le calme de leur nouveau foyer, un seul bruit résonna :
le ronronnement paisible d’Oréo, Henya et… Moutarde qui croquait un coussin.

Commentaires
Enregistrer un commentaire