Mission Sauver le Monde (Encore)
C’était une matinée paisible à L’Encre et la Crème, leur café-librairie adoré. L’odeur du café flottait dans l’air, les clients lisaient tranquillement, et Marion râlait parce qu’un adolescent avait commandé un cappuccino avec six sirops différents.
— “Sincèrement, il vient de commander un arc-en-ciel liquide, c’est pas légal ce truc,” grommela-t-elle derrière le comptoir.
— “Il a payé, non ?” répondit Pauline sans lever la tête de son livre.
— “Oui mais il a payé en pièces de 1 centime.”
— “Charmant,” soupira Christelle, en essayant d’équilibrer une pile de muffins sur un plateau.
Une journée normale, donc.
Jusqu’à ce qu’un bip strident résonne dans la salle.
Le sol vibra. La machine à café se mit à trembler. Les trois filles échangèrent un regard inquiet.
— “Heu… c’est encore le broyeur qui déconne ?” demanda Christelle.
— “Non…” répondit Pauline, en levant les yeux juste à temps pour voir le sol s’ouvrir sous leurs pieds.
Un cri collectif retentit, suivi d’une chute vertigineuse dans un tube brillant rose fluo.
Quelques secondes plus tard, elles s’écrasèrent dans un fauteuil moelleux… au QG du W.H.O.O.P.
Jerry, impassible dans son costume impeccable, les accueillit avec son éternel sourire pincé.
— “Mesdemoiselles Bitchachios. Heureux de vous revoir.”
— “JERRY ?! Encore toi ?!” s’écria Marion, décoiffée, des miettes de muffin dans les cheveux.
— “Désolé de vous interrompre dans vos activités caféinées,” répondit-il calmement, “mais le monde est une fois de plus en danger.”
Les filles échangèrent un regard blasé.
— “Évidemment,” soupira Pauline. “On peut pas avoir un mardi normal ?”
— “Jamais,” ajouta Christelle, en se redressant. “Alors, c’est quoi cette fois ? Des zombies, des clones, ou une invasion de chats mutants ?”
Jerry afficha un schéma holographique : un réseau de satellites brillait dans le ciel.
— “Une organisation inconnue a pris le contrôle du système climatique mondial. Si nous ne rétablissons pas le contrôle, la planète entière sera plongée dans le chaos.”
Marion plissa les yeux.
— “Tu veux dire que c’est encore à nous de sauver la planète. Avec trois tasses de café et un tube rose qui sent la vanille.”
— “Exactement,” répondit Jerry avec un sourire. “Et vous aurez besoin de ceci.”
Un plateau apparut, rempli de gadgets improbables :
-
Un rouge à lèvres laser (Pauline l’attrapa immédiatement).
-
Des talons propulseurs (que Marion essaya aussitôt… et faillit s’envoler).
-
Un grimoire de poche holographique qui servait aussi de traducteur universel (Christelle poussa un cri de joie).
— “Votre mission commence à Londres,” annonça Jerry. “Bonne chance, mesdemoiselles.”
Avant qu’elles ne puissent protester, le sol s’ouvrit à nouveau.
Marion hurla :
— “JERRY, JE TE DÉTESTE !”
Elles furent projetées dans le ciel au-dessus de la Tamise, en parachute rose bonbon, au milieu des mouettes et du brouillard londonien.
Christelle cria en essayant d’ouvrir son parachute :
— “J’aurais préféré mourir écrasée par une pile de livres !”
Pauline, elle, tenait son rouge à lèvres comme une arme, concentrée.
— “Concentrez-vous ! On a une mission à remplir !”
— “Et pas de café,” grogna Marion. “C’est déjà un enfer.”
Alors qu’elles atterrissaient sur le toit du British Meteorological Center, la pluie commença à tomber.
Une pluie… verte.
Pauline leva les yeux au ciel.
— “Super. Il pleut du slime. C’est officiel, Jerry veut notre mort.”
Mais dans l’ombre du toit, une silhouette encapuchonnée les observait. Une voix électronique murmura dans un micro :
“Les agents Bitchachios sont sur le terrain. Activez le protocole Orage.”
La pluie verte tombait dru sur le toit du British Meteorological Center.
Marion essuya une goutte visqueuse sur sa joue.
— “Super. Je voulais du matcha latte, pas du slime radioactif.”
— “Ce n’est pas radioactif,” rectifia Pauline en consultant son gadget. “Enfin… probablement pas.”
Christelle éternua. La pluie éclaboussa son grimoire holographique, qui se mit à clignoter en mauve.
— “Euh, les filles… je crois que mon livre vient d’invoquer un nuage qui me suit…”
Un petit cumulus rose planait effectivement au-dessus de sa tête, produisant un micro-tonnerre attendrissant.
Marion leva les yeux au ciel.
— “Parfait. On a notre propre météo personnelle.”
Soudain, le toit vibra. Une trappe s’ouvrit, laissant surgir trois drones argentés.
Leurs lentilles rouges scannèrent la zone.
Pauline fronça les sourcils.
— “Jerry ne nous avait pas prévenues qu’il y aurait des drones tueurs ?”
— “Jerry ne prévient jamais quand ça explose,” grogna Marion, déployant ses talons propulseurs.
En deux secondes, les Bitchachios étaient en action :
Pauline fit fondre un drone avec son rouge à lèvres laser, Christelle lança un sort de confusion (“Fluctus Confusium !”), et Marion décolla maladroitement, percutant un deuxième drone avant de s’écraser dans une antenne.
— “Je maîtrise, je maîtrise !” cria-t-elle avant de disparaître derrière une parabole.
Le dernier drone explosa dans un nuage de paillettes dorées.
Un silence relatif revint… interrompu par une voix métallique dans les haut-parleurs du toit.
“Bienvenue à Londres, agents Bitchachios. Le protocole Orage est déjà en marche.”
Les filles se figèrent.
Pauline : “C’est une voix synthétique… féminine.”
Christelle : “Elle sonne un peu comme… moi ?”
Marion : “Si c’est toi le méchant, je démissionne.”
Un faisceau lumineux surgit du ciel, projetant un hologramme géant.
Une silhouette encapuchonnée apparut : une femme vêtue d’un manteau argenté, ses yeux dissimulés derrière un masque à éclats.
“Je suis Tempestia. Vous avez dérégulé la météo pendant trop longtemps. Il est temps que quelqu’un reprenne le contrôle du ciel.”
Marion se gratta la tête.
— “Tempestia ? Sérieusement ? C’est ton nom de méchante ?”
“Silence. Vous ne comprenez pas les forces en jeu.”
La silhouette leva la main. Des éclairs parcoururent les nuages au-dessus de Londres.
Les Bitchachios durent se cramponner alors qu’un vent furieux faillit les emporter.
Pauline cria pour couvrir le vacarme :
— “Elle utilise un amplificateur atmosphérique ! Si elle augmente la charge électrostatique, elle pourrait… euh… vaporiser la planète.”
Marion : “Oh. Juste ça.”
Christelle : “Et on a quoi pour contrer une apocalypse météo ?”
Pauline fouilla dans sa ceinture.
— “Un parapluie qui fait Wi-Fi.”
Marion : “Jerry, je vais te tuer.”
Mais alors que la tempête grondait, Christelle sentit son grimoire vibrer.
Le petit nuage rose qui la suivait s’élargit soudain, brillant d’une énergie étrange.
— “Les filles… je crois que j’ai une idée !”
Elle ouvrit le livre et récita une formule improvisée :
“Ventus rosa, serenata maxima !”
Un souffle rose tourbillonna, enveloppant les trois filles.
Leur équipement clignota, fusionna, se transforma…
En combinaison argentée et rose, chacune arborant un symbole météorologique :
☀️ pour Pauline, 🌧️ pour Marion, 🌈 pour Christelle.
Marion, bouche bée :
— “Je crois qu’on vient de débloquer le niveau Sailor Spies.”
Les éclairs frappèrent, mais cette fois, elles ne reculèrent pas.
Pauline leva la main : “Plan d’attaque : on détourne la foudre, on inverse la polarité, et on fait taire Madame Météo.”
Marion : “Ou on l’assomme avec le Wi-Fi-parapluie.”
Christelle : “Ou les deux !”
Dans un ballet d’énergie et de chaos, les Bitchachios se jetèrent dans la tempête, prêtes à affronter Tempestia.
Londres tremblait.
Et dans le QG du W.H.O.O.P., Jerry regardait l’écran, un sourire mystérieux aux lèvres.
“Excellent. Le protocole Orage suit son cours…”
Le tonnerre secouait Londres.
Les éclairs frappaient Big Ben, le Tower Bridge, même le London Eye — transformant la ville en boule à neige électrique.
Au sommet du British Meteorological Center, les Bitchachios faisaient face à Tempestia, leur manteau argenté battant au vent.
Autour d’elle, des arcs d’énergie formaient un vortex gigantesque.
Marion essuya une mèche mouillée sur son front.
— “Bon, c’est officiel. On est dans une cinématique de fin de niveau.”
Pauline, concentrée :
— “Si on ne désactive pas son amplificateur, le vortex va se propager à tout l’hémisphère nord.”
Christelle, feuilletant son grimoire :
— “Je propose un plan B magique avec option arc-en-ciel.”
Marion : “Je vote pour. Si on meurt, je veux que ce soit en couleur.”
Tempestia leva la main. Le ciel devint noir d’encre.
“Vous n’avez aucune idée du pouvoir que j’ai libéré. L’humanité n’a fait que détruire le climat, je ne fais que réinitialiser le monde.”
Pauline répliqua, froide :
— “Tu veux dire l’anéantir.”
“Destruction, purification… nuance.”
Un éclair fendit le toit. Marion roula de côté, ses talons propulseurs crépitant.
— “Assez parlé ! Bitchachios, à l’attaque !”
Les trois héroïnes bondirent :
Pauline utilisa son rouge à lèvres laser pour détourner la foudre.
Christelle créa un bouclier arc-en-ciel, absorbant les rafales.
Et Marion… fonça tête baissée, parapluie-WiFi à la main, hurlant :
— “DÉCONNEXION MÉTÉO !”
Le choc fut titanesque.
Un flash de lumière engloutit le toit. Le tonnerre cessa.
Puis, un silence.
Quand la poussière retomba, Tempestia tituba.
Son masque tomba… révélant un visage familier.
Pauline écarquilla les yeux.
— “Attends… C’est Britney ?!”
Christelle : “Britney du W.H.O.O.P. ?! Celle qui avait volé nos macarons à la cantine ?!”
Marion, bouche ouverte : “Je savais qu’elle était toxique, mais pas météorologiquement.”
Britney sourit faiblement.
“Jerry… m’a abandonnée. Après ma dernière mission, j’ai compris : il contrôle tout, même le climat… même nous.”
Pauline, hésitante :
— “Tu dis que Jerry… ?”
“Le protocole Orage n’était pas une arme. C’était un test. Il voulait voir jusqu’où vous iriez pour obéir.”
Un bruit de liaison retentit dans leurs oreillettes.
“Agents Bitchachios,” dit calmement la voix de Jerry. “Mission accomplie. Rapatriement immédiat.”
Marion serra les dents.
— “Jerry, si t’étais pas en hologramme, je te mettrais du slime dans ton thé.”
Pauline : “On parlera du test plus tard.”
Christelle : “Ou jamais, parce que je compte brûler mon badge.”
Le sol s’ouvrit sous elles, les aspirant dans un tube rose fluo.
Quelques heures plus tard, L’Encre et la Crème avait retrouvé sa quiétude.
La machine à café ronronnait, le grimoire séchait sur le comptoir, et Marion lisait la météo sur son téléphone.
— “Prévisions : soleil, 23°, et risque de trahison institutionnelle,” marmonna-t-elle.
Christelle leva les yeux de son latte :
— “Tu crois que Jerry nous surveille encore ?”
Pauline, sans lever les yeux de son livre :
— “Sûrement. Mais au moins, il n’a pas nos recettes de muffins.”
Un bip discret retentit dans le tiroir-caisse.
Les trois se figèrent.
Marion soupira.
— “Non. Pas encore.”
Pauline : “C’est jamais fini, hein ?”
Christelle : “On met du rhum dans les cappuccinos cette fois.”
Elles échangèrent un regard fatigué, complice, et éclatèrent de rire.
À l’écran du tiroir, un message clignotait :
MISSION TERMINÉE – POUR L’INSTANT.

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