Bitchiatchios :un jour à L’Encre & La Crème
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
Le soleil venait à peine de se lever sur la rue pavée, et le café L’Encre & La Crème ouvrait déjà ses portes. Les tables en bois clair étaient impeccablement alignées, la machine à café ronronnait comme un fauve domestiqué, et l’odeur de brioche se diffusait paisiblement.
La paix était totale.
Jusqu’à ce que le réalisateur du documentaire pousse la porte avec sa caméra surdimensionnée.
Christelle, en train de disposer les muffins, se figea.
Un long silence.
Puis un regard caméra, aussi lent et désespéré que dans The Office.
— “Oh non…”
La caméra zooma immédiatement sur son visage, capturant l’angoisse pure.
🎥 CONFESSIONNAL – Christelle
La caméra filme Christelle assise dans le minuscule bureau du café, devant une plante verte en fin de vie.
— “J’avais complètement oublié qu’on avait signé pour ça.”
Elle cligne des yeux, bouche entrouverte.
— “Je pensais que c’était une blague. Genre… un poisson d’avril en retard. Je veux dire… qui voudrait filmer notre journée de travail ?”
Elle soupire.
— “Ils vont voir les moments où Marion crame les croissants. Et où Pauline menace les clients passifs-agressifs.”
Elle réfléchit.
— “Ok, peut-être que c’est divertissant.”
☕
Au comptoir, Marion préparait déjà la première machine de la journée… en sifflant une musique de Mario Bros.
Les caméras approchèrent.
Elle se retourna, visage sérieux comme si elle était en plein discours présidentiel.
— “Je tiens à préciser que ce café fonctionne grâce à la magie.”
Un temps.
— “La magie… de moi.”
Explosion de confettis ? Non.
Mais elle en rêvait clairement.
Pauline arriva à ce moment-là, sac sur l’épaule, lunettes de soleil, expression “je n’ai pas signé pour cette vie”.
— “Pourquoi vous filmez Marion ? Elle dit n’importe quoi quand une caméra la regarde.”
— “C’est faux.”, dit Marion.
Elle se retourna vers la caméra.
— “Tout ce que je dis est scientifiquement exact, même quand je ne comprends pas ce que je dis.”
🎥 CONFESSIONNAL – Pauline
Pauline s’assoit droite, très sérieuse, mains croisées.
— “Je pense qu’il faut faire attention. On est un café NORMAL.”
Elle réfléchit deux secondes.
— “Enfin… presque.”
Un bruit de crash résonne hors champ.
Pauline lève les yeux au ciel.
— “Marion vient de casser quelque chose. Je le sens.”
De retour dans la salle principale, on découvre effectivement Marion qui ramasse… un gobelet. Un seul. Rien de grave. Mais elle a l’air dramatiquement coupable.
— “C’était une attaque de gravité.”, se défend-t-elle à la caméra.
— “La gravité me vise personnellement.”
Christelle passe derrière elle avec un plateau.
— “La gravité ne t’aime pas. Nous oui, mais la gravité non.”
Les caméramans se tournent vers Christelle.
— “Oui, je dis ça affectueusement.”
📚 L’ouverture du café
8h.
Les premiers clients entrent.
La caméra se déplace comme un fantôme parmi eux, capturant chaque détail :
-
Pauline fait une présentation trop sérieuse des pâtisseries comme si elle présentait un TED Talk.
-
Marion rit avec un client pour une raison inconnue.
-
Christelle réarrange les livres d’une étagère pour la douzième fois.
Un client demande :
— “Le cappuccino vegan, il est sans lait ?”
La caméra zoome sur Pauline.
Elle sourit.
Un sourire crispé.
— “Oui monsieur, c’est ce que vegan veut dire.”
Elle fixe ensuite l’objectif, lentement.
Le cameraman retient un rire.
🎥 CONFESSIONNAL – Pauline
— “On attire des clients magnifiques. Magnifiques.”
Elle sourit, faussement chaleureuse.
— “Des artistes. Des étudiants. Des gens adorables.”
Puis elle enlève ses lunettes.
— “Et parfois aussi… des idiots.”
🧁 La catastrophe du muffin radioactif
Vers 10h, Marion décide d’essayer une nouvelle recette.
Erreur n°1.
La caméra la filme en train de mélanger une pâte louche, avec des éclats de chocolat et… quelque chose de violet.
— “C’est de la betterave.”, dit-elle.
— “Ça donne… du style.”
Christelle, en arrière-plan, murmure :
— “On va mourir.”
Pauline approche, prend un muffin encore tiède, le renifle.
— “Ça sent… les décisions mauvaises.”
Marion insiste :
— “Goûte-le.”
Pauline secoue la tête, mais la caméra la fixe.
Elle sait qu’elle est piégée.
Elle croque.
Un silence.
La caméra zoome.
Pauline avale lentement.
Puis elle regarde la caméra, l’air traumatisé, comme quand Jim regarde la caméra après une action catastrophique de Dwight.
— “… oh… c’est… spécial.”
Christelle prend un muffin.
Marion hurle :
— “CHRISTELLE NON—!”
Trop tard.
Christelle mord dedans.
Un haut-le-cœur.
Puis :
— “Marion. Pourquoi… pourquoi un muffin au chocolat… goûte la terre ?”
— “Parce que l’authenticité !”
— “J’ai l’impression de manger un potager !”
— “C’est organique !”
— “C’EST DE LA TERRE.”
La caméra filme la scène comme si c’était un reportage sur la disparition de la civilisation.
🪞 Un client fait un commentaire
Un homme lève la main.
— “Je peux goûter ?”
Marion rayonne.
— “BIEN SÛR !”
Pauline tente de l’arrêter.
— “Non non att—”
Il prend une bouchée.
Le silence revient.
Il cligne des yeux.
— “C’est étonnam—”
Il tousse.
Encore.
Encore.
Pauline frappe Christelle sur l’épaule :
— “On va finir en procès.”
Christelle :
— “On devrait fuir.”
Marion :
— “Vous êtes des traîtresses.”
La caméra capture tout.
Évidemment.
🎥 CONFESSIONNAL – Marion
Elle regarde la caméra, bras croisés.
— “J’assume mes créations. Même quand elles font peur.”
Elle regarde vers la droite.
— “Est-ce que j’ai failli empoisonner quelqu’un ? Peut-être.”
— “Est-ce que je vais continuer ? Oui.”
Elle sourit de façon un peu inquiétante.
— “J’ai encore plus d’idées.”
La caméra tremble légèrement.
Comme si le caméraman venait d’avoir peur.
☕ Le petit drame du matin
À 11h, le café est plein.
Les filles courent partout.
La caméra suit.
Pauline apporte des cafés.
Christelle explique un livre à un client.
Marion tente de réparer la machine à lait en tapant dessus.
— “Marion, arrête de frapper cette machine !”, crie Pauline.
— “Elle me manque de respect !”
— “C’est un objet !”
— “Un objet qui me juge !”
La machine crachote.
Marion hurle.
Christelle accourt.
— “Qu’est-ce que t’as encore fait ?!”
— “… rien.”
La caméra filme le lait qui commence à couler… tout seul.
— “Bon.”, souffle Pauline.
— “C’est officiellement un jour normal.”
Et la caméra coupe sur Christelle qui regarde l’objectif avec un air désespéré.
Le midi approchait, et le café L’Encre & La Crème ressemblait déjà à une fourmilière en pleine crise sociale. Les caméras suivaient chaque mouvement, chaque soupir, chaque reniflement de muffin traumatisé.
Et pourtant, c’est à ce moment précis que le réalisateur annonça :
— “Pour l’après-midi, on aimerait vous filmer… séparément. Pour voir votre dynamique individuelle.”
Pauline, Christelle et Marion se regardèrent.
Puis elles retournèrent lentement la tête vers la caméra, synchronisées comme dans un mauvais remake de Charlie’s Angels.
Christelle murmura :
— “C’est une très mauvaise idée.”
🎥 CONFESSIONNAL – Le réalisateur
Un homme mince, nerveux, lunettes épaisses, apparait pour la première fois.
— “L’idée était de capturer leur authenticité.”
Il sourit.
— “On ne savait pas encore qu’on allait presque mettre le feu au café.”
🍽️ La “commande spéciale”
12h32.
Un groupe de clients trop énergétiques entra.
Le genre de gens qui commandent des “latte matcha avoine extra-froid double mousse triple quinoa”.
Pauline les accueillit avec son sourire professionnel :
le fameux “je suis polie mais à l’intérieur je hurle dans un oreiller”.
— “Bonjour ! Vous désirez… ?”
La caméra zooma.
Un homme répondit :
— “On voudrait… une carte des cafés personnalisés. Vous savez, ceux où on peut choisir chaque ingrédient. Je veux pouvoir faire mon propre mélange. Comme un build-a-bear mais avec du café.”
Pauline resta figée.
Un micro silence.
Elle regarda la caméra, lentement.
— “Je. Déteste. Cette. Tendance.”
Les clients :
— “On adore votre établissement ! On a vu des avis incroyables en ligne ! Apparemment vous êtes hyper flexibles et créatives !”
En arrière-plan, on voit Christelle s’étouffer avec sa propre salive.
Pauline inspira profondément.
— “Très bien… dites-moi…”
Les clients commencèrent à réciter une liste si longue que même la caméra sembla trembler.
— “Un cappuccino avoine–soja–sans mousse AVEC mousse, shot de caramel mais pas trop, cannelle mais pas en poudre, cannelle fraîche mais pas trop fraîche, lait chauffé mais pas trop chaud, café fort mais pas trop fort…”
Cinq minutes plus tard.
Marion, paniquée, glissa :
— “On devrait les faire signer un contrat d’engagement.”
Christelle, murmurant :
— “Ou une décharge médicale.”
La caméra captura tout.
Avec jubilation.
🎥 CONFESSIONNAL – Pauline
— “Je suis patiente. Vraiment.”
Elle sourit avec la folie douce de quelqu’un qui essaie de s’en convaincre.
— “Mais si quelqu’un me redemande un latte tiède mais brûlant, je… je… je vais perdre mes cheveux.”
Elle fixe la caméra.
— “Tous mes cheveux.”
💥 Le drame du sirop de caramel
Pour satisfaire les clients, Marion voulut attraper une bouteille de sirop.
Le problème ?
Elle voulait impressionner la caméra.
Donc elle tenta une acrobatie totalement inutile.
Elle sauta sur le comptoir.
Christelle hurla :
— “MARION NON—”
Trop tard.
La bouteille lui échappa des mains.
Elle vola, majestueuse, telle une comète sucrée.
Puis…
💥 PAN
La bouteille explosa en plein sur la machine à café.
Caramel PARTOUT.
Sur le comptoir.
Au sol.
Dans les cheveux de Marion.
Sur la caméra numéro 3.
Silence.
Puis Christelle, en état de choc :
— “… c’est… très collant.”
Marion se figea, gouttant du caramel sur son sourcil.
— “Je… j’ai voulu faire une cascade.”
La caméra zooma sur Pauline, qui ferme les yeux.
— “Je savais que ça allait arriver.”
Les clients se retournèrent, horrifiés.
Un d’entre eux murmura :
— “C’est… organique ?”
Pauline explosa :
— “NON. RIEN. N’EST. ORGANIQUE. ICI.”
🎥 CONFESSIONNAL – Marion
Elle a encore du caramel dans les cheveux.
— “Je pense que la machine à café m’en veut aussi.”
Elle tire une mèche collée.
— “Et oui, j’ai fait un salto raté. Mais j’ai un esprit créatif.”
Elle regarde la caméra avec une intensité dramatique.
— “La gravité me déteste.”
🥤 Les filles séparées (strategy fail)
Le réalisateur, croyant calmer les choses, décida :
— “On va filmer chacune de vous dans une tâche séparée.”
Spoiler : ce fut pire.
1. Marion → Responsable milkshakes
Mauvaise idée.
Très mauvaise idée.
Elle inventa immédiatement un “MILKSHAKE EXPLOSION”.
Résultat :
le blender s’envola.
Le contenu aussi.
La caméra filma le mur repeint en rose-bonbon.
2. Christelle → Responsable livres + accueil
Elle donna des recommandations littéraires… beaucoup trop sincères.
— “Vous aimez les histoires romantiques ?
Vous devriez lire celui-là.”
Elle se pencha vers la caméra.
— “Mais la fin est nulle. Enfin… je trouve.”
Le client :
— “Oh.”
La caméra : zoom tragique
3. Pauline → Responsable encaissement
Catastrophe technique.
Le TPE bipa sans arrêt.
Pauline tenta de rester calme… avant de perdre patience.
— “POURQUOI TU NE VEUX PAS FONCTIONNER ?!”
Elle tapa dessus.
Le TPE imprima un reçu de 1 mètre de long.
Avec des symboles incompréhensibles.
Pauline :
— “… qu’est-ce que c’est que ça ? Une invocation démoniaque ?”
Le réalisateur, derrière la caméra, gloussa.
Erreur fatale.
Elle le regarda, lentement.
— “ARRÊTE DE FILMER ÇA.”
🎥 CONFESSIONNAL – Christelle
— “Séparées, on n’est pas… fonctionnelles.”
Un petit rire nerveux.
— “On dirait trois poules qui courent dans des directions différentes. Sans tête. Sans plan. Sans…”
Elle s’interrompt.
— “… sans cerveau.”
Elle sourit, chaleureuse.
— “Mais ensemble ? On est… eh bien… un peu moins sans cerveau.”
🔥 La situation dégénère
À 16h, l’enfer se déchaîne.
Saupoudrage de cacao renversé.
Tapis collant.
Machine à café qui coule toute seule.
Un milkshake coule du plafond (merci Marion).
Des clients filment tout.
Les caméras aussi.
Le réalisateur est aux anges.
Les filles, elles, ressemblent à des soldats revenus d’un front très pâtissier.
Pauline souffle :
— “On va devenir un mème.”
Christelle :
— “On sera connus pour… ça.”
Marion :
— “JE SUIS UNE ARTISTE.”
Pauline :
— “Tu es dangereuse.”
🧨 LA CRISE – Le client mécontent
Un homme agacé s’approche du comptoir :
— “Excusez-moi, j’attends mon cappuccino depuis 15 minutes.”
Pauline, à bout :
— “Monsieur, on vit une crise humanitaire.”
Christelle la choque légèrement du coude.
— “Elle veut dire : on arrive tout de suite !”
Le client insiste :
— “C’est filmé ? Je peux participer ?”
Marion arrive, soudain inspirée :
— “Vous voulez être dans le documentaire ?!”
Le client rougit.
— “Euh… pourquoi pas…”
Marion, sans prévenir, prend la caméra numéro 2 et la braque sur lui :
— “Dites : je suis venu ici pour un cappuccino, mais je suis resté pour le chaos !”
Le client, stressé :
— “Euh… je suis venu ici pour un cappuccino mais—”
La machine derrière eux explose en faisant BRRRT-TSHHHHHHH et projette du lait partout.
Le client hurle.
Christelle hurle.
Pauline hurle.
Marion hurle.
Mais de joie.
— “C’EST PARFAIT POUR LE DOCUMENTAIRE !”
La caméra tremble.
Le réalisateur est plié de rire.
🎥 CONFESSIONNAL – Pauline
Elle a du lait dans les cheveux.
— “Je vais démissionner.”
Elle ferme les yeux.
— “Je vais ouvrir une librairie. Calme. Sans lait.”
Elle respire.
— “Sans Marion.”
Une voix hors champ :
“HEY !”
Marion surgit dans le cadre.
Pauline :
— “… je plaisante.”
Marion :
— “Hm-hm. Traîtresse.”
🌅 La fermeture approche (merci Seigneur)
À 18h30, les derniers clients sortent.
Éreintés.
Collants.
Marqués psychologiquement.
Pauline ferme la porte d’un geste lent, dramatique.
Les caméras continuent de tourner.
— “On voudrait faire une dernière séquence.”, dit le réalisateur.
Les filles se regardent.
Puis :
— “Ok. Mais pas de cascades.”, dit Pauline en fixant Marion.
🎬 LA PRISE FINALE
Les trois Bitchachios s’installent dans la salle, sur une banquette.
La lumière est douce.
Le café est un champ de bataille mais… étrangement chaleureux.
La caméra se rapproche.
Un silence.
Puis Christelle, doucement :
— “On s’est peut-être un peu… laissées dépasser aujourd’hui.”
Pauline rit :
— “Tu veux dire : on a détruit le café ?”
Marion lève la main :
— “J’assume 80% des destructions.”
Pauline :
— “95.”
Christelle :
— “98.”
Marion :
— “… ok.”
Elles rient toutes les trois.
C’est un beau moment.
Fatigué.
Complice.
Le réalisateur murmure hors champ :
— “Vous voulez dire quelque chose pour conclure la journée ?”
Les filles échangent un regard.
Puis, ensemble, elles se tournent vers la caméra.
Et, comme une vraie sitcom, elles disent en chœur :
“Bienvenue au chaos.”
🎥 CONFESSIONNAL FINAL (ensemble)
Assises côte à côte dans le bureau, serrées comme des sardines.
Pauline :
— “On essaie de faire de notre mieux.”
Christelle :
— “On y met du cœur.”
Marion :
— “Et parfois… du lait partout.”
Elles éclatent de rire.
La caméra recule.
Le réalisateur dit :
— “Merci les filles.”
Pauline :
— “Revenez quand vous voulez.”
Marion :
— “Mais portez un casque.”
Christelle :
— “Et une charlotte.”
Fondu au noir.
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications

Commentaires
Enregistrer un commentaire